Cuba tour : mission Santiago, Jour 1-suite

Publié le par Lily

La jeune femme, Daniela pour ne pas la nommer, semble ravie d'être tombée sur des françaises. Elle nous explique qu'elle est partie étudier quelques mois à Marseille et qu'elle a justement des examens en français prévu quelques ours plus tard. C'est l'occasion rêvée de pratiquer la langue!

 

Elle engage la conversation, nous demande si nous avons visité un peu la ville et nous propose de nus emmener dans le quartier Tivoli. La légende cubaine serait donc vraie : les gens sont super accueillant et drôlement serviables!

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Nous voilà en train de grimper dans les hauteurs de la Calle Pico :  après avoir pris le long escalier, nous gagnons le quartier populaire, fondé et habité par des Français qui vinrent s’installer à Santiago de Cuba à la fin du XVIIIe siècle. Il s’agit de l’un des points névralgiques pendant le fameux carnaval de Santiago.

L'origine du Carnaval est religieuse : Dès la fin du XVIIe siècle, des processions et des festivités avaient lieu tous les ans en l'honneur du saint patron de la ville, Santiago Apostolo. A la fin du défilé, les esclaves membres des "cabildos" (sociétés qui veillaient à la préservation des langues, des traditions et des croyances africaines) étaient autorisés à sortir dans les rues où ils chantaient en s'accompagnant de tambours, de crécelles et d'autres instruments. Ils annonçaient les comparsas, ces groupes portant des masques ou des costumes, des banderoles, des capes et des farolas (lampions) et dansant au rythme de la conga. La tradition a été conservée puisqu'aujourd'h2010 06 Cuba 025ui encore, pendant  la seconde quinzaine de juillet, la ville entière est en fête : chaque quartier se doit de prendre part au défilé avec au moins une comparsa.

 

Nous passons alors devant le Musée de la lutte clandestine, qui domine la ville. Le soleil cogne dur et la soif se fait sentir. Nous disons à Daniela qu'il est temps pour nous de rejoindre le centre ville. Elle nous raccompagne alors et nous propose de prendre un verre chez l'un de ses "amis", "qui cuisine très bien la langouste" selon ses dires. Il est à peine midi et la c2010-06-Cuba-024.JPGhaleur ne nous ouvre guère l'appétit. On entre alors dans une maison ou deux hommes regardent la télé. Face à moi, un poster des Backstreet boys m'interpelle (pour le coup, je ne pensais pas que le groupe avait aussi des fans cubains!).

 

Le fameux "ami" avait plus l'air dérangé que ravi de nous accueillir. Daniela parle vite et lui dit qu'on vient prendre un verre. Elle nous dirige dans une petite salle aménagée comme au restaurant. Nous sommes dans une sorte de paladar : les cubains sont en fait autorisés à aménager des restaurants plus ou moins improvisés chez eux, mais à la condition ne pas recevoir plus de 12 personnes. Sauf que ça, on ne le savait pas encore.

 

Notre cubaine tente de nous allécher avec ses langoustes, mais quand elle s'aperçoit que nous ne comptons pas déjeuner ici, elle se ferme d'un seul coup. Elle ne comprend pas pourquoi on ne veut pas rester déjeuner, nous explique que, quand elle ramène des clients, elle bénéficie d'un pourcentage qui l'aide à acheter de l'huile pour sa mère diabétique, et qu'il faut que nous payons. Au final, nous payons notre boisson (et sa bière) et mettons les voiles.

 

Dehors, elle nous dit qu'il faut que nous la payons à présent pour la visite. Là, les choses prennent une tournure qui ne me plaît guère : j'ai comme l'impression de m'être fait avoir. Je lui dis que je n'ai qu'un dollar cubain sur moi mais elle refuse, estimant que ce n'est pas assez. Le ton monte. Elle nous tient à l'écart du centre ville, "pour nous protéger des voleurs" (en fait, nous apprîmes plus tard que c'est surtout parce que les patrouilles de police vadrouillent souvent et qu'elle aurait risqué des représailles).

Finalement, Nini lui donne un billet de 5 CUC. Elle les prend en m'extirpant mon pauvre dollar et me lance au passage que je suis malhonnête (!). Prends ça dans les dents ma fille! ça t'apprendra à croire que les gens, même à Cuba, sont aimables ET désintéressés.

 

On retourne alors chez Maria, toutes sonnées par ce qui vient de se paCars9.jpgsser. On se ressaisit alors car il nous faut retrouver la mère de notre ami à qui nous devions remettre la fameuse enveloppe.

Un taxi et direction el retrato Sueño (le quartier du rêve!). La course coûte 4 CUC mais évidemment, le chauffeur n'a pas la monnaie. Quand la dame chez qui nous nous rendions apprend ça, elle se déplace elle-même, et je ne sais comment, le chauffeur se souvient alors qu'il a de la monnaie...

 

Bref. On discute un peu, la dame nous demande si on a faim et finit pas nous emmener dans une espèce de cafétéria pour routier qui sert du poulet ou de la pizza. Hum. Passons.

 

Elle nous apprend qu'il peut être plus intéressant de payer en monnaie nationale qu'en dollar cubain (1 CUC = 25 pesos en monnaie nationale, le calcul est donc vite fait!) et nous conseille de changer quelques CUC. Au finale, elle m'échange 1 dollar contre 25 pesos, qui nous servent pour le retour en... taxi moto!

 

Pas très rassurées au départ, on s'avance prudement (perso, j'ai même fait une prière pour terminer la course en un seul morceau!). Nos casques étaient trop grands, et vu la tronche de la DrG-Cuba4.jpgroute et des motos, il y avait de quoi paniquer. Finalement, tout s'est bien passé, et on s'est même bien marrées!

 

Arrivées à bon port, nous retournons au Parque Céspedes pour faire un saut à l'agence Cubana Tour pour réserver une excursion pour le lendemain matin.

 

Après cette journée riche en émotions (les interpellations incessantes à coups de sifflements, de "Hello ladies" ou de "Stilos? dollar? soap?" commençaient déjà à avoir raison de nos nerfs), nous avons apprécié doublement de rester tranquillement à la maison déguster le succulent poisson que Maria nous avait préparé.

 

Allez, demain sera un autre jour...

Publié dans Voyages

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Boris 20/07/2010 18:43



Melheureusement pas mal de cubains, surtout ceux habitant dans des quartiers touristiques, pratiquent déjà cette sorte de harcelement "amical". Pour eux les touristes ne sont qu'une source
d'argent a épuiser. Ils oublient souvent le sens de l'échange culturel, si enrichissant.