Un moment d'enfance

Publié le par Lily

Une fois n'est pas coutume... Hier soir, je me sentais d'une humeur assez joviale. Je décidais de poursuivre dans cet état d'esprit -plutôt rare ces derniers temps, reconnaissons-le, mais bon, je n'y suis pour rien si les débuts d'année me foutent le bourdon de façon incommensurable - et me rendis toute guillerette dans ma résidence secondaire : le cinéma.

Ahhh, le cinéma. Autant j'ai parfois l'impression de développer quelques angoisses claustrophobes (notamment dans cette espèce de tunnel puant que l'on nomme le métro), autant je pourrais passer des journées entières enfermée dans une salle de cinéma. OK, je l'avoue, ça m'est déjà arrivé une ou deux fois lorsque j'avais du temps à ne savoir qu'en faire (ce qui, ça aussi, est assez rare!).

Il faudra que je vous reparle de cette étrange fascination que le 7e art exerce sur moi...
Pour le moment, revenons à nos moutons. O plutôt, à nos monstres.

affiche-maximonstres.jpgCar "l'objet de mon affection" s'est porté sur Max et les maximonstres, le dernier Spike Jonze (l'auteur de l'ovni Dans la peau de John Malkovitch et du non moins insolite Adaptation, avec Nicolas Cage, est accessoirement l'ex de Sofia Coppola, cousine du même Nicolas Cage, qui est en couple avec Thomas Mars, du groupe Phoenix, aux traits étrangement similaires au dit Jonze et qui attend son 2e enfant... Parfois, je devrais zapper ce genre de parenthèses insignifiantes...).

La question de savoir si j'ai aimé ou pas importe peu (enfin, oui, j'ai aimé!).
Librement adapté du roman de Maurice Sendk, le film raconte l'histoire d'un petit bonhomme solitaire quelque peu colérique qui va fuguer après avoir mordu sa mère lors d'une énième crise (rien à voir avec le phénomène "vampire & co" hein?). Il se retrouve sur une sorte d'île du Dr Moreau peuplée de "monstres" à deux doigts de le manger. Heureusement, l'imagination sans borne du garçon va non seulement le sauver mais aussi lui permettre d'être couronné roi. Son premier acte en tant que souverain? Une gigantesque fiesta qui s'achève par un empilage collectif, chacun sautant sur l'autre jusqu'à former une énorme pile avant de s'endormir... les uns sur les autres.

Peu à peu, une amitié lie Max à ses nouveaux compagnons, et tout particulièrement à Carol (sans "e"), sorte d'alter-ego tout aussi colérique au minimonstre, à la fâcheuse tendance de passer ses nerfs sur les maisons des autres... ou en pratiquant le jeter de monstres (scène juste hilarante!).19169727 jpg-r 760 x-f jpg-q x-20090917 103714
Max a alors dans l'idée de construire une immense forteresse. Tout le monde s'affaire joyeusement et le projet prend forme. Mais une fois encore, la colère de Carol se fait destructrice, celui-ci ne supportant pas que son amie K.W puisse lui préférer la compagnie de Bob & Terry, deux chouettes pleines de sagesse malgré leurs yeux ahuris .
Peu à peu, 19169730 jpg-c 80 80 0-b 1 x-f jpg-q x-20090917 103715Max comprend que les relations avec autrui ne sont évidentes pour personne. Il décide finalement de rentrer chez lui.

En dépit des apparences, le film n'est aucunement moralisateur. Il s'agit plutôt de rappeler que ce mélange de colère, certes, mais aussi de tendresse et de dangers, de drôlerie et de vivacité, d'imaginaire et de sensibilité, bref que toutes ces émotions sont ce qui fait l'âme d'un enfant.

Et Jonze, en conteur singulier, prouve à travers ce film introspectif que l'on peut parler du monde de l'enfance, aussi merveilleux qu'effrayant, en faisant l'impasse sur une histoire édulcorée à outrance. Et parfois, ça fait du bien de désacraliser ses souvenirs...

Publié dans Cinéma

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